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METAVERS, Pourquoi certains humains ont-ils pour dessein de créer des mondes virtuels parallèles ?

Dernière mise à jour : 14 mars

Février 2023 - Caroline David

Dans le cadre de mon travail artistique je mène des recherches depuis de nombreuses années dans les domaines du numérique et des technologies, de l’artificialisation du monde, et plus largement de l’Anthropocène.

Ces sujets sont mes inspirations originelles en termes de thèmes à aborder et de réflexions philosophiques à susciter dans ma peinture.


À ce titre, je m’intéresse actuellement tout particulièrement aux Métavers qui sont au cœur de l’actualité des développements technologiques.


Ma porte d’entrée dans ce nouvel univers fut l’intérêt que j’ai porté en tant qu’artiste, aux NFT, des soi-disant œuvres d’art virtuelles, en vente sur la Blockchain, aux valeurs fluctuant selon le cours des multiples cryptomonnaies et en particulier l’Ethereum dans le Métavers, NOUS Y VOILÀ !

Je publie cet article en ligne mais je sais qu’il sera analysé par les robots ‘‘modérateurs’’ Google et bloqué dans sa diffusion dès la publication ou freiné fortement. En effet, les robots Google analysent instantanément les mots clefs et le sens des phrases et comme l’article qui suit critique un système dans lequel Google est l’un des principaux acteurs, je doute que ces « bots » soient programmés pour que ces réflexions soient largement partagées. Et si cet article passait à tout hasard au travers de la censure des algorithmes Google, il pourrait bien être pris au piège de celle de Meta.


Savez-vous d’ailleurs que la société Google a décidé en 2015 de changer de nom ? Elle a choisi, en toute humilité, de s’appeler désormais ALPHABET Inc., de devenir ouvertement le fournisseur du ‘‘B.A.BA’’ de nos connaissances !


Le conglomérat ALPHABET Inc. incorpore de très sérieuses sociétés pour lesquelles les investissements sont pharaoniques dans le Métavers et les objets qui nous permettent de nous y connecter. Il est question de domotique (objets connectés), de smart city (ville connectée), de biotechnologies (implants connectés), de voitures autonomes, de réseaux de fibre optique (donc d’infrastructures), de sécurité que l’on peut apparenter directement à une police privée (Jigsaw, incubateur de startups), et bien sûr d’intelligence artificielle.



Métavers - définition :

Qu’est-ce que le métavers ? Ou plutôt, que sont les métavers ? Il semble qu’il y en ait déjà plusieurs.

Ce terme est entré dans le langage courant en octobre 2021 suite au changement de nom de l’entreprise Facebook vers Meta.

Selon Wikipédia, en voici plusieurs définitions :

Un métavers est un monde virtuel. Le terme est régulièrement utilisé pour décrire une version future d'Internet où des espaces virtuels, persistants et partagés sont accessibles via interaction 3D1 ou 2D en visioconférence2.

Une autre définition conçoit le métavers comme l'ensemble des mondes virtuels connectés à Internet, lesquels sont perçus en réalité augmentée3.

Enfin, dans le contexte de la science-fiction (dont le terme est issu), il peut désigner différentes sortes de mondes virtuels immersifs tellement réalistes que les participants peuvent ne pas se rendre compte qu'ils sont dans une simulation, parfois présentée comme une prison numérique : l'exemple le plus célèbre en est sans doute le film Matrix.


Ma définition personnelle des MÉTA-VERS serait celle de nouveaux UNI-VERS, artificiels, virtuels, créé par l’Homme et dont les premières ‘‘planètes’’ se nomment Decentraland, The Sandbox et Roblox.

Horizon Worlds de Meta a été créé après ces pionniers des métavers. D’innombrables autres ‘‘planètes’’ pourront être créées.

https://www.futura-sciences.com/tech/questions-reponses/cryptomonnaie-sandbox-decentraland-sont-principaux-metavers-17021/


La création de mondes parallèles :

Pourquoi certains humains ont-ils pour dessein de créer des mondes parallèles ?

L’objectif de META et des autres acteurs de ce secteur comme ALPHABET Inc. est bien de créer une copie, « d’avatariser » notre monde réel, de le numériser, de recréer une société globalisée et marchande pour démultiplier les espaces de marchés et donc de consommation ; Ajouter à notre monde physique et son marché, d’autres mondes virtuels avec leurs marchés.

Un objectif qui promet une croissance économique exponentielle, une manne financière sans limites et une consommation des ressources bien supérieure à tout ce que nous pouvons imaginer.

Le traitement des données informatiques nécessite une très forte consommation électrique pour refroidir entre autres les ordinateurs qui surchauffent dans les « lacs de données ».

La fabrication massive des casques de réalité virtuelle à venir, des nouveaux ordinateurs et de tous les objets connectés de la « smart city » (ville intelligente) et de la domotique (technologie des objets connectés de l’habitat) nécessite l’extraction de terres rares et d’autres ressources naturelles dans des conditions de pollution extrêmes.

Il est aberrant de constater que les états, les hommes et les femmes politiques n’aient pas conscience de cet avenir, encore bien plus énergivore que le monde actuel !

Notre empreinte carbone au niveau mondial ne fera que monter en flèche dans les prochaines années, sans compter les autres impacts sur la biodiversité engendrés par les chantiers d’extraction (exemple du Nickel en Nouvelle-Calédonie par exemple) et la consommation toujours croissante de plastiques et de rejets dans les océans.



L’exploration de la Terre et de l’Espace ne suffisent plus, nous pouvons maintenant créer des planètes virtuelles :

Non seulement les plus grandes puissances technologiques (GAFAM, Tencent, Wechat, Samsung...) sont en train de conquérir les fonds marins et l’espace, mais en plus elles donnent naissance, sous nos yeux, à des planètes virtuelles faites de sociétés où les sujets, sous surveillance permanente, sont soumis à un « méta esclavagisme » (on extrait aux êtres humains leur data sans les payer), à une « méta consommation » basée sur le modèle capitaliste. Nous entrons dans l’ère du méta*capitalisme, du méta*marché et de la méta*surveillance.


*Méta est un préfixe qui provient du grec μετά. Il exprime tout à la fois la réflexion, le changement, la succession, le fait d'aller au-delà, à côté de, entre ou avec. Selon le contexte, le préfixe équivaut au sens de profond, haut ou grand. (Source Wikipedia).



L’ère de la totale immersion :

L’ère du META c’est donc l’ère de l’immersion totale, une immersion dans un monde totalement artificiel, créé de toutes pièces par l’Homme sur le modèle du monde qu’il connaît.

L’humain se prend pour Dieu, la technologie devient religion ! Mais ses textes sacrés sont illisibles, ils sont écrits en langage informatique codé, incompréhensible par l’immense majorité de l’humanité. Tiens mais où est ALPHABET ? Nous voici baignés dans un monde codé où les règles sont édictées par des algorithmes, eux-mêmes programmés par des humains qui peuvent nous faire croire n’importe quoi et nous manipuler. Comme nous faire croire que nous avons accès à la connaissance suprême grâce au nouvel ALPHABET. Bien joué !


Chaque action minime réalisée dans le système (qu’on pourrait tout à fait appeler la matrice comme

dans le film Matrix) génère des données (data) ‘‘monétisables’’ à des fins publicitaires. Nous devenons des humains-ressources-de-métadonnées, immergés dans une méta-consommation. Une exploitation indolore physiquement, invisible, impalpable, mais mortifère psychologiquement, humainement.

Une nouvelle forme de totalitarisme est née, elle taylorise l’être humain, l’exploite et l’extrait de sa nature profonde et de la Terre.



En moyenne, sur la planète, nous passons actuellement 7 heures par jour devant un écran (ordinateur, smartphone, tablette, téléviseur). Il est fort à parier que lorsque nous serons happés par les métavers, nous y passerons 100% de notre temps d’éveil. Et que même notre temps de sommeil sera connecté.



Quelle place pour les corps ?

Aujourd’hui les principaux sens requis pour capter toutes ces informations dans les métavers sont la vue, l’ouïe et le touché. L’odorat et le goût ne sont pas encore sollicités. Mais nos corps humains sont nécessaires à faire divaguer nos esprits dans les métavers.

Le temps d’écrans, qui ne cesse de croître, a déjà marqué les dernières années, d’une évolution ultra-rapide de l’obésité. Nous ne passons plus assez de temps hors de chez nous et le COVID nous a confiné et donné des habitudes de repli, ‘‘en sécurité’’ chez soi. Pourtant, il va falloir continuer de nourrir nos corps, et les entretenir pour éviter les maladies et nous garder en vie le plus possible pour que nous soyons en pleine capacité de méta-consommation. Il suffit de s’alimenter (de comprimés peut-être ?) en tout cas de viande fabriquée en laboratoires c’est sûr, de faire du sport (chez soi en étant devant un écran et équipé de lunettes virtuelles pour faire du vélo dans les paysages du métavers et rester réceptif à la publicité).

Mais il ne faudra plus perdre de temps pour cuisiner, pour s’occuper des tâches ménagères, pour lire, pour élever des enfants et faire l’amour. Les robots, la ‘‘domotisation’’ le fera pour nous, et en plus, elle génèrera toutes les données qui concernent notre lieu de vie : l’espace, la surface au sol, la température intérieure, les conversations que nous y tenons, les personnes qui nous rendent visite, le temps passé à nos relations sexuelles etc... (les smartphones le font déjà très bien aujourd’hui).

Nous ne sommes pas dans un film de science-fiction, ces fictions sont devenues bien réelles.


Si les métavers nous sont présentés comme des sortes de parcs d’attractions super sympas dans lesquels nous pouvons nous amuser, gagner plein d’argent et se faire de nouveaux amis, ils sont en réalité des lieux virtuels créés pour nous faire consommer, nous faire acheter du divertissement, des biens fictifs, nous faire dépenser de l’argent dans une zone impalpable, sachant que sur une planète physique finie telle que la Terre, on ne peut plus proposer assez de nouveaux biens et services physiques pour une croissance économique. Il faut trouver des alternatives ailleurs !


Ce système fait de nos données personnelles de l’or en barre car il alimente le marché de la publicité. C’est déjà le cas tout simplement sur les réseaux sociaux où vous avez déjà remarqué que votre fil d’actualité comporte aujourd’hui largement plus de 50% de publicités. Vous voyez de moins en moins les posts de vos amis et seulement ceux de quelques-uns d’entre eux. MÉTA (Facebook, Instagram) vend nos données aux annonceurs sous forme d’espace publicitaire ciblé. C’est ça la poule aux œufs d’or.


Les métavers ne sont donc rien d’autre que des lieux d’extension de marché de grande consommation infinis dans lesquels les GAFAM et consorts nous emmènent, en nous faisant croire à l’Eldorado, à des espaces soi-disant sociaux puisque des interactions entre personnes y sont possibles.


Les moutons de META

Allons-nous vraiment plonger comme des montons de Panurge dans ce système ?

Si l’entreprise Facebook a changé de nom il y a quelques temps au profit de MÉTA, c’est bien que Facebook est déjà incluse dans le conglomérat MÉTA soit déjà dans le métavers.

Les réseaux sociaux et autres plateformes sont absorbés par les métavers et nous y entrons malgré nous puisque nous sommes acteurs de ces plateformes sur lesquelles nous avons des comptes que nous alimentons. Il semblerait que nous ayons du mal à nous passer des réseaux sociaux, de Google, et des autres fonctionnalités et services que nous apportent les sociétés des technologies numériques. Toutes les formalités administratives des états sont numérisées.


Les enfants, à partir de la génération ALPHA (nés entre 2010 et 2022) ne connaissent pas le monde sans Métavers

Qui peut se passer d’un smartphone aujourd’hui ?

Même pas les enfants d’écoles primaires à qui les devoirs et les relations avec l’école se font exclusivement, en France sur des plateformes générées par des sociétés privées de la Tech pour le ministère de l’éducation nationale (Pronote a été créé par la société INDEX EDUCATION). Cela ne choque personne ? Un enfant de CP doit utiliser un smartphone, un ordinateur ou une tablette pour savoir quels devoirs il a à faire pour le lendemain. Cela le rend dépendant des parents, qui sont détenteurs des objets connectés. Les enfants perdent en autonomie, ou pire, on leur achète un smartphone dès 6 ans ! Ben quoi c’est pour l’école !

Où ces données de connexions des enfants d’écoles primaires sont-elles stockées ? Qui a le droit de les utiliser ? Qui sait donc si l’enfant regarde bien ses devoirs ? À quelle heure de la journée et pendant combien de temps ? S’il fait les exercices ? Combien de fois ? S’il est performant, assez rapide ? Toutes ces données sont générées donc accessibles par des entités dont on ne sait à l’avenir ce qu’elles peuvent en faire.


Comment nos enfants et petits enfants vont-ils pouvoir lutter contre les métavers alors qu’ils n’auront rien connu d’autre ? S’en extraire sera totalement impossible socialement. Ça l’est déjà presque.

Donc, soit nous laissons les Métavers prendre le contrôle total des vies de nos enfants dans un système numérique et financier hégémonique et énergivore, soit nous décidons d’en sortir maintenant.

Les métavers nous extirpent de notre réalité animale, nous éloignent encore plus de la nature (et de notre nature d’être humain), ils appauvrissent nos connaissances en extériorisant nos mémoires dans une sorte de mémoire collective nommée GOOGLE ou plutôt ALPHABET, ils nous éloignent de notre corps physique et des immenses enjeux écologiques.

L’écologie ne favorisant pas la création de valeur financière elle n’intéresse pas les plus grandes sociétés technologiques du monde qui concentrent leurs investissements dans le divertissement, les nanotechnologies, le commerce en ligne, l’apprentissage machine, l’intelligence artificielle, le cloud computing, les objets connectés, le transhumanisme, la robotisation, l’exploration spatiale...

Est-ce cet avenir-là dont on veut ?

Une Terre souillée, inondée, brûlée, brûlante(!), mourante pour une fin de vie dans les Métavers ?


Ah et j’oubliais ! Ce matin tout le monde parle de ChatGPT...



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